Le 11ème commandement
J’aimerais attirer votre attention sur une base fondamentale du Parkour qui, à mon avis, a été perdue de vue quelque peu, par plusieurs traceurs, incluant moi-même! Récemment, dans un article relu dans Parkour.net, j’ai été touché par des paroles de David Belle dans une entrevue. Des traceurs de Californie eurent la chance de rencontrer David en France, de discuter et même de s’entraîner avec lui pour quelques jours. Ce qui me frappa dans cet article fut l’affirmation qu’une des vocations du Parkour, qui est d’aider les gens dans toutes situations où nos capacités le permettent, semble avoir perdu son importance initiale dans notre communauté…Ceci m’a beaucoup fait réfléchir! Voilà mon humble opinion sur le sujet.
Se déplacer, se surpasser et se découvrir sont des aspects de la vie quotidienne d’un traceur, oui? On court dans les rues comme si elles nous appartenaient, en cherchant à toujours être en mouvement! Avec une grande concentration, on regarde autour de soi, on observe les moindres recoins minutieusement. Pour nous, aucun chemin n’est à exclure, surtout ceux que personne d'autre qu’un traceur oserait entreprendre. Même en sortant de l’épicerie, un sac à la main, on analyse les structures environnantes en songeant aux mouvements possibles. Un saut de chat, par-dessus le chariot, vous hante l’esprit. Un passe-muraille, sur le mur du coté, vous semble très alléchant. Mais…, remarquons-nous vraiment tout ce qui se passe autour de soi, ou avons-nous renfermé notre esprit ??? Je ne vous parle pas de sauver une famille coincée par les flammes, mais de gens, dans des situations ordinaires, où un simple geste fait un long chemin. Par exemple, Dans la situation précédente, d’où vous sortez de l’épicerie avec votre sac à la main, voyez-vous la vieille dame à vos cotés, avec ses 4 sacs? Avec votre physique, vous pourriez facilement en soulever 10, mais est-ce que vous allez lui offrir de l’aide, ou encore, la remarquer ?
En tant que traceur, nous développons un réflexe qui nous fait regarder les endroits différemment de la vie de tous les jours. Mais, je pense, nous devrions aussi essayer de remarquer, avec la même intensité que pour les obstacles, les situations où nous pouvons être utiles. Pkdanno m’a envoyé un article qui est très pertinent à ma pensée. À Toronto, une vieille dame a glissé et est tombée en bas du quai d’un métro, sur les rails. Un jeune homme de 22 ans, ne sachant même pas qu’il y avait du courant électrique, sauta entre les rails. Il souleva la femme, et ils s’accotèrent contre le mur extérieur, pendant qu’un train leur passa à moins de 2 mètres de la figure. La première question que je me suis posée fut : Est-ce que j’aurais vu la vieille femme tomber? Où aurais-je été trop occupé à m’imaginer faire un saut de chat sur la rampe d’escalier…
Un traceur cherche à progresser sur le plan physique et spirituel. On passe beaucoup de temps à se concentrer sur notre interaction avec les objets inanimés, mais pensons-nous aux êtres vivants qui nous entourent? De toutes ces pensées, qui virevoltent dans ma tête depuis peu, je suis venu à cette conclusion. Personnellement, je vais, pour le reste de ma vie, voir le monde à travers les yeux d’un traceur…mais aussi d’un humain digne de vivre en communauté. Je vais toujours regarder les obstacles avec la même passion, mais je vais aussi observer autour de moi!
Texte écrit par David alias Guardian