Vous venez de découvrir le
parkour et vous avez décidé de commencer. Ou bien vous pratiquez déjà depuis quelques temps mais vous avez de nouveaux objectifs à passer et vous voulez donc vous améliorer. Voici quelques conseils pour progresser surement et sans risque.
Lorsque l'on veut apprendre ou améliorer un mouvement on doit toujours garder en tête deux principes fondateurs du parkour: "
être et durer" et "
Faire, Faire bien, Faire vite et bien".
Le premier principe veut dire que l'on doit chercher à progresser de façon lente et progressive, sans se blesser afin de pratiquer le plus longtemps possible. David Belle le fondateur du parkour est un parfait exemple de ce principe puisque même après 15 ans de pratique il n'a aucune douleur au niveau des genoux ou à toute autre articulation.
Le deuxième principe décrit les trois étapes de l'apprentissage d'un mouvement: "faire" signifie que l'on arrive à réaliser le mouvement mais qu'on ne le maitrise pas encore très bien; "Faire bien" veut dire que l'on a travaillé le mouvement, qu'il est fluide, propre et que l'on est conscient de nos limites et des possibilités qu'il nous offre. La dernière partie "Faire vite et bien" est l'objectif ultime que doit chercher à atteindre un traceur. Le parkour c'est aller d'un point A à un point B le plus rapidement et le plus efficacement possible. Un mouvement ne sera donc maitrisé que lorsque vous serez capable de le faire à pleine vitesse sans risquer l'accident. A partir de ces principes il y a donc différents types de préparations à travailler pour aborder un nouveau mouvement/objectif: le physique, la technique et le mental.
Préparation PhysiqueD'après le premier principe, la première question à se poser lorsque l'on aborde un nouveau mouvemement/objectif est "Qu'est-ce que je risque? Ai je le niveau physique pour réaliser ce mouvement sans me blesser? Qu'est-ce que je vais devoir travailler pour atteindre cet objectif?" A partir de cette question vous allez pouvoir déterminer les parties de votre corps qui nécessitent un travail particulier. Tout mouvement de parkour utilise la globalité du corps; des zones seront tout de même plus mises à l'épreuve que d'autres suivant le mouvement que vous souhaitez réaliser; c'est pourquoi il est nécessaire de les renforcer pour éviter de subir des blessures plus tard. Par exemple pour un saut de bras si je sais que j'ai déjà la détente nécessaire pour le réaliser, je sais aussi que mes bras, mes doigts, mes orteils vont subir un gros choc et qu'il est nécessaire de les renforcer afin de réaliser le mouvement sans rique pour mon corps.
Pour cela il existe deux écoles qui sont assez complémentaires: la première est la répétition de mouvements spécifiques qui ne se focalisent que sur un groupe de muscles et n'utilisent pas le corps en entier (pompes, tractions, flexions...etc). Cette méthode d'entrainement peut-être utile si elle est faite avec des objectifs précis. Il ne faut pas faire des pompes pour faire des pompes mais savoir les muscles que cela va mettre en jeu et ce que cela va apporter à l'objectif final qui reste la réalisation du mouvement. Il faut aussi savoir quel type d'effort je cherche à améliorer par le biais de ces exercices: la force, l'explosivité, l'endurance afin d'adapter les séries aux objectifs fixé.
La deuxième école est celle du renforcement pas le mouvement. C'est à dire qu'au lieu de répéter des exercices faisant fonctionner une partie seulement des muscles que l'on souhaite renforcer, on réalise des répétitions du mouvement que l'on veut travailler à plus petite échelle ou dans d'autres conditions. Cette façon de procéder permet de travailler la totalité des muscles mis en jeu ainsi que d'améliorer sa technique. Ces deux méthodes sont complémentaires car elles permettent de se focaliser sur un groupe musculaire qui serait bien trop faible pour la réalisation de l'objectif mais aussi de synchroniser la totalité des muscles et de les faire travailler sur le mouvement final.
Au cours de votre évolution il est important de varier les exercices car ceux-ci ne vous feront progresser que dans une certaines mesure. Il est nécessaire de changer régulièrement son entrainement afin de ne pas tomber dans la monotonie. Dès qu'un exercice devient facile, il faut le changer ou le rendre plus intense afin de continuer de progresser.
Préparation techniqueOn peut travailler la technique d'un mouvement en le décomposant et en travaillant chaque partie indépendament ou en réalisant ce mouvement à plus petite échelle. Pour maitriser un mouvement il est nécessaire de le répéter de nombreuses fois. Une étude réalisée par des expert travaillant pour le SAS (Special Air Service) a conclu qu'il fallait répéter un mouvement 2400 fois afin de le maitriser pleinement. Cette maitrise n'est toutefois acquise que pour ce mouvement particulier, a un endroit bien précis dans des conditions bien particulières. C'est pourquoi il est nécessaire de répéter un grand nombre de fois chaque mouvement; il devient alors instinctif et vous n'avez plus à réfléchir lorsque vous le réalisez.
Mais la répétition seule ne vous fera pas progresser beaucoup. Il est tout aussi nécessaire de varier les conditions dans lesquelles vous réaliser un mouvement afin d'explorer vos capacités et d'améliorer votre maitrise technique. Plus vous aurez testé de conditions différentes, plus vous maitriserez votre corps et les possibilités qui vous sont offertes. Par exemple pour travailler un saut de précision, ne vous limitez pas à des sauts de mur à mur; essayez aussi de barrière à barrière, de mur à plot, d'atterrir dans la longueur de la barrière et non de face. Laissez libre cours à votre imagination!
Préparation mentaleVouloir passer un nouvel objectif implique souvent de briser une barrière mentale. Si vous avez suivi les deux points précédents, vous avez déjà fait plus de la moitié du travail car vous connaissez vos limites et vous savez si vous avez les capacités ou non de réaliser ce mouvement. Pour le travail d'un nouveau mouvement, la décomposition vous permettra d'être à l'aise avec chaque partie et de réaliser le mouvement dans sa globalité plus facilement. Pour avoir plus confiance en vous vous pouvez toujours vous faire parer par un ami mais essayez de le faire tout seul le plus rapidement possible car vous n'aurez pas toujours quelqu'un pour vous aider à franchir un obstacle.
Passer un objectif mental est plus difficile que passer un objectif technique où la répétition et le travail physique suffisent. Le fait qu'un objectif soit mental implique souvent qu'il y a du danger à le réaliser. Lorque l'on veut passer un nouvel objectif on doit être sùr à 100% que l'on va le réussir. Un bon traceur ne cherche pas à mettre sa vie en jeu; il cherche à se dépasser mais jamais au péril de sa vie. Pour cela il faut bien faire la différence entre deux notions: le risque et le danger. Le danger correspond au dommage que l'on pourrait subir dans le cas de l'échec du mouvement. Le risque correspond à la probabilité de louper un mouvement. On ne peut rien rien faire pour diminuer le danger d'un mouvement mais on peut en revanche diminuer grandement le risque d'échec de ce mouvement. Le travail technique est la meilleure façon de diminuer ce risque. Une fois le mouvement maitrisé il vous faut le travailer dans des conditions sans danger puis le faire dans des conditions de plus en plus difficiles jusqu'a arriver à votre objectif de façon à franchir progressivement la barrière mental qui vous bloquait.